VERDON (Gironde) 2018

Résolution finale de l’Assemblée Générale de l’UNSA-MGEN-VYV réunie au Verdon sur Mer les 16/17/18 mai 2018

 

 

Le contexte de mutation s’accélère tant au niveau de l’entreprise, de chaque secteur qui la compose au sein de l’UES, qu’au niveau du groupe VYV.

L'UNSA-MGEN-VYV entend persister à défendre les salariés issus de toutes les catégories professionnelles, de tous métiers à qui l’on ne cesse d’exiger de nouvelles compétences et des remises en causes permanentes. Nous entendons jouer notre rôle de régulateur afin que la direction générale et politique de nos entreprises  prenne conscience des enjeux humains, de leurs limites et qu’elle parvienne à mettre en place des niveaux de reconnaissance aujourd’hui défaillants en de nombreux points.

 

 

De manière transverse, sur l’ensemble des entités, l’UNSA-MGEN-VYV aura, dans une vision progressiste exigeante du syndicalisme qui la caractérise, pour principes et devoirs de :

 

-        Défendre les conditions de travail et rechercher des améliorations par des revendications fortes en négociations, par l’exigence de mise en place d’accords d’entreprise dédiés et par la création de dispositifs de prévention véritablement efficaces. La qualité de l’emploi constituant un élément tout aussi déterminant que le maintien de l’emploi.

 

-        Défendre l’existant en matière d’instances représentatives des personnels et de dialogue social en adaptant les ordonnances Macron aux valeurs mutualistes, dans le respect l’identité du Groupe avec notamment le maintien d’un échelon de proximité représentatif par centre de travail. Les négociations autour des futurs CSE seront au centre de ces enjeux, et  devront garantir la préservation d’une culture d’entreprise forte.

 

-        Accompagner l’évolution technologique et la transformation du monde du travail ; anticiper l’impact des solutions digitales sur les emplois. Exiger la mise en place d’une politique de formation adaptative et novatrice afin d’assurer le maintien d’un haut niveau de compétences chez les salariés.

 

-        Informer les salariés sur les évolutions du groupe VYV en exigeant la plus grande transparence sur les impacts économiques et sociaux potentiels. Exiger de nos employeurs le maintien d’un climat serein interne et la limitation d’une concurrence commerciale destructrice au sein du groupe.

 

-         

1/ Sections départementales et espaces mutuels / Centres de gestion/ centre de contacts  et ateliers / MGEN union

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV, réunis en Assemblée Générale, n’ont pas l’intention de développer dans cette résolution un catalogue de revendications mais de souligner 3 points MAJEURS qui préoccupent les salariés et leurs représentants UNSA-MGEN-VYV :

 

-             La politique de rémunération.

-             Les conditions de travail.

-             Les « repères managériaux » et la nouvelle organisation territoriale.

 

 

LES REMUNERATIONS.

 

La faiblesse récurrente des salaires proposés semble accentuer l’insatisfaction des salariés. L’absence de lisibilité en matière de politique salariale et la faible dynamique de promotion interne contribuent également à la morosité ambiante.

Les difficultés à recruter, à fidéliser les salariés dans un contexte de reprise économique sur le secteur d’activité, appellent aussi bien des dynamiques nouvelles que des mesures relatives à la reconnaissance de l’ancienneté.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV demandent une transparence en matière d’étude des rémunérations du marché, ainsi qu’un retour sur la politique de revalorisation des fonctions commerciales initiée par l’employeur ces dernières années et la mise à disposition des données économiques en ce qui concerne les salaires à l’embauche.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV revendiquent une information annuelle sur la distribution de l'enveloppe au choix ainsi que les montants par centre et par secteur d'activité, ce qui leur permettrait d'identifier la masse salariale de référence et sa décomposition (RMAG, choix, promotion, GVT), sans occulter la demande permanente de l'indexation de la partie du choix sur le bulletin de salaire.

 

L'UNSA-MGEN-VYV exige qu’aucun salarié de la MGEN ne soit lésé et demande une augmentation générale des rémunérations en rapport avec les efforts fournis et la complexification des métiers…

La politique de rémunération individuelle menée par l’employeur ne doit pas se faire au détriment du collectif, chacun ayant droit à un minimum de reconnaissance dans ce domaine.

 

 

LES CONDITIONS DE TRAVAIL et les EFFECTIFS

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV veulent que la MGEN entende les salariés, trop nombreux, qui sont en souffrances. Ceux-ci ont atteint un niveau d’alerte démontré lors de la dernière enquête sur le bien être au travail et pour lequel les dispositifs de prévention et de suivi semblent aujourd’hui défaillants, à l’image des mesures d’accompagnement qui tardent à se mettre en place.

Que ce soit en Centres de Contacts, où la révision des protocoles horaires semble plus que nécessaire tant pour le mutualiste que pour le salarié, ou en Centre de Gestion, avec le contournement par la ligne managériale des règles communes qui ne cesse de devenir la norme,  ou enfin en Section Départementale, dans lesquelles le dernier accord attise les tensions par le refus des négociateurs d’inclure un bornage nécessaire à son application équitable et homogène, Il apparait une dégradation des conditions de travail et une absence de réflexion sur les enjeux liés à l’articulation vie au travail /vie personnelle, appelant à de franches discussions et à des mesures concrètes.

 

L'UNSA-MGEN-VYV demande l’ouverture de négociations sur la Qualité de Vie au Travail, la mise en place d’une politique de prévention des risques et le déploiement d’un plan d’actions global avec un suivi précis d’indicateurs liés à la QVT.

La multiplication tous azimuts des projets déployés tant au niveau national, régional que local, constitue un facteur de risque aggravant tant l’absence de coordination apparait.

Cela s’accompagne d’une politique de transformation métiers venant accentuer les difficultés dont l’employeur ne semble pas mesurer les effets dévastateurs sinon en instaurant un climat managérial autoritaire contreproductif.

De trop nombreux salariés souffrent de brimades permanentes, de mise à l’écart, de pressions déplacées et de harcèlement moral pour les cas les plus aigus…

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV demandent la mise en œuvre d’une politique managériale bienveillante et respectueuse des salariés, l’adaptation des moyens humains (ETP) aujourd’hui insuffisants, la mise à disposition de locaux fonctionnels et modernisés ainsi que d’outils techniques (GRM et RH) à la hauteur des enjeux.

 

Les REPERES MANAGERIAUX et La NOUVELLE ORGANISATION TERRITORIALE

 

Les exigences de productions apparaissent de plus en plus importantes en matière de développement, tant au niveau de la mutualisation que sur les offres additionnelles ; tout cela dans un contexte de concurrence accrue et de vieillissement de la population couverte.

Un sentiment d’insatisfaction permanente semble ressortir à l’égard des salariés chargés d’accroitre les ventes, de fidéliser davantage, de s’investir toujours plus dans une logique de performance individuelle toujours plus forte.

La perte de compétences en matière d’expertise sur le Régime Obligatoire ne cesse de croitre au détriment des assurés et provoque une montée en charge artificielle du dispositif « helpdesk » en centres de gestion. La multiplication des offres et produits accroit les risques d’erreur et dilue l’excellence technique qui jusque là caractérisait les salariés aux yeux des adhérents. A cela s’ajoute un climat relationnel souvent très difficile avec la ligne politique qui, elle-même, semble s’épuiser par des enjeux de pouvoir et d’influence à l’échelon local.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV demandent à disposer des effectifs cibles et des modalités de calcul appliquées en la matière, par département, par région et demandent l’application uniforme des organigrammes régionaux par la présence d’un CADR minimum par région et par celle d’un poste de SAP par département. Ils demandent une lisibilité plus grande sur l’articulation entre" Ateliers" et sections départementales.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV invitent l’employeur à mener une réflexion sur le taux d’encadrement et préconise un rééquilibrage au profit de commerciaux de terrain.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV demandent que les objectifs commerciaux restent atteignables et réalistes, que ces exigences, collectives avant tout, s’accompagnent d’une véritable politique marketing et commerciale par l’ouverture de nouveaux champs de développement, par la mise à disposition d’offres compétitives et par une légitimation de notre présence commerciale au sein des établissements des fonctions publiques notamment.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV refusent l’autoritarisme croissant concernant les horaires et demandent, à défaut de l’ouverture d’une nouvelle négociation en la matière, que soit respecté le dispositif actuel notamment la liberté de travailler sur les plages variables.

En matière de relances tardives, comme pour le travail le samedi, la prise en compte des contraintes personnelles et familiales apparait comme essentielle pour le respect des acteurs, l’investissement de chacun et la réussite du projet stratégique.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV rappellent que les accords nationaux n’ont pas vocation à être adaptés région par région au gré des velléités des uns ou des autres.

 

Les délégués de L'UNSA-MGEN-VYV, en cas de niveaux d’exigences commerciales inadaptés et de nouvelles dégradations des conditions de travail, mandatent le bureau pour l’usage de tous moyens à sa disposition pour défendre les salariés tel que, par exemple, la mise en place d’une série d’actions fortes…

 

 

  

2/ Etablissements, MGEN A S S  et Centres de Santé.

 

Le nouveau contexte des établissements du Livre 3 au sein du Groupe VYV et de l’entité VYV Care appelle toujours, à ce stade, beaucoup de prudence quant au devenir des structures de soin de l’UES-MGEN tant au niveau de leur pilotage à venir que de leur maintien au sein des territoires de santé. Ils bénéficient d’autorisations ARS (Agences Régionales de Santé) au travers de lits ou places qui, en elle-même, justifient leur pérennité.

Mais l’effet d’échelle au sein de VYV Care peut faire craindre une logique de « rationalisation » des moyens autant que de rapprochements dits d’opportunité, en décalage avec l’histoire de nos institutions. Potentiellement, leur activité-même pourrait être absorbée dans cet agrégat mouvant dont la ligne politique sera de fait difficile à définir et leur intégrité éventuellement remise en cause.

Aussi, la logique de solidarité, affirmée dans cette unité que représente aujourd‘hui l’UES, pourrait être mise à mal si une nouvelle étape de scission entre le Livre 2 et le Livre 3 de la MGEN se réalisait. Le risque de délitement de l’édification du Groupe MGEN -avec son activité principale RO / RC, aux côtés d’établissements sanitaires et médico-sociaux fondés dès les années 1970- est à notre sens bien présent. Comme pour le Livre 2, un fort niveau de souveraineté doit être maintenu pour l’activité du Livre 3.

 

  • Aussi, les délégués UNSA-MGEN-VYV manifestent la nécessité de maintenir les entités juridiques existantes ASS et Centres de Santé au sein de l’UES MGEN aumoyen d’une gouvernance solidaire et spécifique dans la perspective des évolutions de VYV Care. L’intégrité du Livre 3 de la MGEN est à préserver, tout comme le maintien d’une forme de représentativité du personnel à échelle humaine en son sein.

 

  • Les délégués UNSA-MGEN-VYV réaffirment l’impératif de la préservation des compétences et expertises des structures de soin MGEN, par une politique de formation engagée autant que par la défense et la valorisation auprès des Tutelles de l’utilité sociale des établissements ASS (statut ESPIC). Par le maintien des emplois, des spécificités et savoir-faire des acteurs de nos établissements, la MGEN saura répondre aux enjeux sociétaux des territoires de santé où elle est implantée, ceci en réponse aux besoins de leurs populations.

 

  • Les délégués UNSA-MGEN-VYV entendent défendre les principes d’unicité de tous les professionnels exerçant au sein des établissements. La filière logistique (restauration, bio-nettoyage, entretien), la filière administrative et les filières médicale et soignante constituant un microcosme interdépendant garant d’une qualité de prise en charge globale, par ailleurs reconnue aussi bien par les autorités de tutelles que par la patientèle.

 

  • Les délégués UNSA-MGEN porteront une vigilance accrue sur les applications conventionnelles FEHAP, laissées en souffrance récemment, et exigeront des accords paritaires qu’ils soient mis en œuvre dans le respect de l’esprit des négociations menées.Pour illustrer, ils s’assureront que les déclinaisons d’accords d’entreprise soient effectives sur le secteur, en direction du complément MGEN et des actions promotionnelles comme sur la réduction du temps de travail. L’esprit et la lettre devront s’accorder pleinement en direction de toutes les entités du Groupe.

 

  • Les délégués UNSA-MGEN exigent une vraie traduction des principes énoncés et des valeurs affichées : la performance sociale, inscrite comme un des piliers d’Horizon 2020 en cohérence avec les engagements RSE, doit être mise en acte.Une concertation plus constructive avec les IRP devra voir le jour sur ce sujet. De nouvelles avancées, tangibles et effectives, pour l’ensemble des métiers devront être négociées, après avoir sanctuariser les acquis -fondements qui identifient l’appartenance à l’Economie Sociale et Solidaire (travail d’identification de ces éléments constitutifs des conditions de travail) - et en s’attelant à co-construire de nouveaux accords à la hauteur des enjeux salariaux et sociétaux de demain.

 

3/ Secteur MGEN Technologies.

L’enjeu principal de MGEN Technologies consiste à offrir au groupe MGEN le meilleur service possible à travers un système d’information performant, réactif et économique, d'où la forme juridique du GIE,

A ce titre,  le lien et l'engagement fort du groupe MGEN avec le GIE MGEN Technologies en matière de système d'information est contractualisé dans un contrat constitutif co-signé par  chacune des 2 parties notamment dans l'article 13  qui  précise les Droits et obligations des membres (métiers de la MGEN)

« Les membres ont le droit, et même l’obligation, d’utiliser les services du groupement. Ils sollicitent obligatoirement et exclusivement le concours du GIE pour tout besoin entrant dans son objet, tel que défini à l’article 2 (qui précise toutes les missions de conception et de développement inhérentes à un GIE) , dès lors que le GIE est en mesure d'assurer directement la réalisation attendue » .

Or, trop souvent, les métiers du groupe MGEN, pour leurs besoins informatiques s'adressent   directement à des Editeurs de Progiciels du marché sans passer par MGEN Technologies, ni même se faire conseiller.  Outre de possibles conflits d’intérêt déjà observés, il s'agit là d’un conflit de loyauté majeur vis à vis de l'engagement pris à travers le contrat constitutif. Il s'ensuit un nombre important d’applications imposées par les métiers à MGEN Technologies voire certaines  gérées en direct par les métiers avec l'éditeur.

A l'externalisation massive sous forme de prestations en régie depuis 10 ans, s'est ajouté, à la création de MGEN Technologies, un  recours massif à des Centres de Services qui couvrent au fil des ans, un  périmètre de plus en plus important du SI (Prévoyance, Digital, ASI Liquidation, Chaînes aval, Offres Personnes Contrats, Cotisations … ) et cela sans véritable retour d'expérience.

Ce phénomène a pour conséquence, de déposséder les internes de leur fonctions « Coeur de Métier » d'informaticien en leur retirant une partie de la conception et tout le développement des applications du SI au profit de personnels en Centre de Services dont les Ressources Humaines ne sont pas maîtrisées notamment en termes de compétence.

La conséquence pour les salariés en interne, c'est qu'on substitue leurs tâches d'informaticien par des tâches de pilotage des personnels de sous-traitance (Régie et Centre de Services). On demande aux internes de FAIRE FAIRE plutôt que de FAIRE, et au mieux pour certains d'accompagner les métiers du groupe MGEN lorsque que ceux-ci ceux-ci jouent le jeu du recours à nos services. Les internes deviennent des courroies de transmission de leurs savoirs et de leurs  compétences pour aider les personnels des Centres de Services à réaliser et développer les applications du SI. En retour, ils doivent contrôler, veiller, tester la bonne compréhension et réalisation des travaux confiés à ces personnels,

Cet investissement de faire faire au lieu de faire bien  souvent sans aucune  valeur ajoutée, entraîne une  démotivation et une démoralisation de plus en plus importante des effectifs en interne, qui se traduisent par des démissions plus conséquentes depuis 2015 et n'épargne aucune fonction ni aucun site.

Sans compter, la faible capitalisation de la connaissance transmise à une sous-traitance à vocation volatile. Tout un investissement de transfert de connaissance souvent à recommencer.

Autre conséquence de cette politique de sous-traitance, le non-renouvellement générationnel du personnel depuis plus de 10 ans qui aboutit en 2018 à un effectif de moins de 3% de personnels ayant moins de 30 ans dans un secteur informatique en perpétuel évolution et met en péril les savoirs et connaissances en interne au fur et à mesure que d'autres salariés plus âgés  quittent l'entreprise.

Alors que le coût de l'externalisation ne cesse de croître pour atteindre 83 M€ en 2017  au regard d'une masse salariale de  51M€ pour  un budget global de 197 M€, le  service rendu est jugé médiocre par les utilisateurs à travers  les enquêtes de satisfaction 2016 et 2017, preuve s'il en est que ce système est défaillant,

L'UNSA-MGEN-VYV tire la sonnette d'alarme, condamne fermement à la stratégie de la DSI qui s'entête dans son projet non viable et mortifère d'extension de centre de services à l'ensemble des domaines, sans véritable retour d'expérience concluant. Une  stratégie qui coûte cher et ne cesse de prouver sa totale inefficacité dans ses résultats, avec des retards importants dans la réalisation des projets, malgré des engagements de résultats. Mais surtout une stratégie qui met de plus en plus de salariés expérimentés sur la touche en les assignant à des tâches en dessous de leurs compétences. Une stratégie enfin qui met en danger la pérennité du GIE et donc de  l'emploi.

Une DSI qui ne cesse par ailleurs de multiplier les réorganisations qui ne font que rajouter des strates supplémentaires de management au management au détriment de la transversalité et de l'agilité pourtant prônée, et s'isole par voie de conséquence encore plus, si cela est possible de la réalité du terrain.

L'UNSA-MGEN-VYV sera vigilante sur d'éventuelles conséquences sur MGEN Technologies qui pourraient avoir lieu sur des mutualisations de moyens SI sur de projets  communs au niveau de VYV.

 


Les délégués de l'UNSA-MGEN continuent à affirmer qu'il ne peut y avoir de "croissance d'entreprise" si, parallèlement, on ne pratique pas une politique de progrès social avec ses salariés